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I need you but I hate you

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Jeu 18 Mai - 10:53

Memory of the old past - FT. Joy McCullen

Life is not a fairytale and there are no happy endings

La maison hantée ... Il s'y était déjà rendu plusieurs fois par le passé, lorsqu'il avait envie de se vider un peu la tête. C'était un endroit calme qui effrayait chaque fois un peu plus les visiteurs trop intrépides. Personne n'osait se rendre ici seul après tout et Caleb pouvait donc profiter de sa tranquillité comme bon lui semblait et sans contrepartie. S'il avait demandé à Joy de le rejoindre ici, c'était pour deux raisons bien distinctes. La première, et la plus honorable, était qu'il désirait conserver le secret de ses révélations dans un lieu clos et où personne ne pourrait ni les voir ni les entendre.

Il allait jouer gros et il n'était pas question que quelqu'un d'autre soit témoin de cette scène somme toute déjà assez ridicule. La seconde raison était tout simplement qu'il savait qu'étant petite, la fillette avait une peur bleue des maisons hantées comme du noir. A vrai dire, il espérait pouvoir même lui filer une petite terreur anodine, histoire de débuter les hostilités.

Il ne la détestait pas, à vrai dire il ne savait même pas pourquoi il se comportait de cette façon avec elle et il avait cette chose en elle, chaque fois qu'elle posait son regard sur lui, qui lui signifiait qu'il devait conserver une distance avec elle. Joy ne devait sous aucun prétexte se rapprocher de lui sans quoi elle risquait de briser tout ce qu'il avait construit et il refusait cette éventualité.

Aussi préférait-il se comporter de sorte à ce qu'elle le haïsse plus que quiconque sur cette terre et ce tout le temps qu'il faudrait pour qu'elle s'éloigne définitivement de lui. Certes elle bossait dans le même bar et cela ne facilitait pas ses affaires mais Jordan appréciait son job et les clients ne se plaignaient pas tant que ça. Au final, il ne pouvait pas lui retirer ce travail même si l'envie de le faire était grande.

Poussant un soupir d'exaspération, le jeune homme monta à l'étage de la maison sans aucun bruit, connaissant par cœur les marches qui grinçaient et celles qui ne faisaient aucun bruit. Il s'installa à sa place favorite, sous une fenêtre de l'étage, et attendit que la raison de sa présence ici daigne lui faire le plaisir de sa compagnie.

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Jeu 18 Mai - 13:16
La jeune femme avait toujours eu les maisons hantées en horreur, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Aussi, ce n’était pas en sautant de joie qu’elle avait accepté l’offre de Caleb de se réunir en ce lieu, mais plutôt par soucis de sauver du temps. Le serveur ne se laisserait pas imposer un autre lieu, sans compter qu’il aimait bien garder le contrôle et qu’en sachant que Joy avait peur de ce genre d’endroit, il s’assurait d’en garder un tout en se laissant la possibilité de lui ficher la frousse. Bien entendu, la barmaid espérait que rien de trop chiant n’arriverait ce soir-là, mais avec Caleb rien n’était joué d’avance. Il avait peut-être simplement planifié de l’éliminer pour qu’elle ne lui demande plus jamais des comptes sur le passé aussi, personne ne pouvait le savoir mis à part le jeune homme lui-même.

C’est ainsi que Joy s’est rendue à la maison hantée avec un petit 5 minutes d’avance, frissonnant déjà de frousse à l’idée de devoir rejoindre le brun à l’intérieur. Elle prit tout de même une grande inspiration pour se donner du courage et entra dans ce qu’elle considérait comme l’un de ses plus grands cauchemars. Elle explora d’abord le rez-de-chaussée, puis monta à l’étage grâce à des marches grinçantes qui lui faisait se mordre la lèvre à de nombreuses reprises pour ne pas partir en courant. Au final, elle s’arrêta là, et questionna l’air environnant.

« Caleb? »

Autant elle avait peur à cet instant, autant elle savait qu’elle touchait de plus en plus au but. Il allait lui avouer ce qu’elle cherchait à savoir et à comprendre depuis 10 ans. C’était pas anodin, mais alors pas du tout.

« Si t’as prévu me tuer, sors de ta cachette qu’on en finisse. »

Ouais bon, la brunette faisait peut-être un peu trop d’humour noir pour décompresser.
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Jeu 18 Mai - 13:34

Memory of the old past - FT. Joy McCullen

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Enfin, il entendit le bruit de pas sur le sol grinçant du palier. Un léger sourire flotta un instant sur ses lèvres, imaginant la peur qui devait nouer le ventre de sa chère amie d'enfance et rien que de songer à un hurlement de terreur de sa part suffit à le satisfaire un temps. Après tout, lui-même n'était pas très fier dans la situation actuelle mais non pas à cause des lieux, plutôt à cause de ce que Joy souhaitait lui faire révéler. Il aurait pu lui mentir bien aisément mais elle aurait bien fini par apprendre tôt ou tard qu'il lui avait menti et doutait fortement qu'elle lui pardonne encore un mensonge. Quoi qu'après tout, il ne cherchait nullement son pardon pour vivre bien. Il remplissait juste sa part du contrat, son engagement même si l'on pouvait dire puisque Caleb Salvator était bien l'une des personnes qui tenait le moins ses promesses.

Les grincement des marches vermoulues le fit relever la tête tandis qu'à l'oreille, il situait parfaitement où se trouvait sa compagne de l'après-midi. Il espérait qu'elle finirait par partir en prenant ses jambes à son cou et à ne plus jamais revenir l'ennuyer mais elle semblait au contraire s'accrocher à l'idée qu'il lui offre une réponse convenable comme un naufragé à sa bouée de sauvetage. Peut-être avait-elle souffert de son départ. A vrai dire il n'en savait rien et préférait demeurer dans l'ignorance. La brunette avait eu maintes occasions de passer à autre chose, il était ridicule qu'elle se soit autant attaché à lui et qu'elle le soit encore aujourd'hui. De toute manière elle agissait comme si elle le détestait, alors rien ne changerait sans doute.

Lorsqu'il prononça son nom, il ne répondit pas et se contenta de se lever en silence et de se glisser jusqu'à la porte donnant dans le dos de Joy, espérant ainsi lui causer une sacrée frousse qu'elle ne serait pas prête d'oublier. Il fallait bien s'amuser un peu dans ce genre de situation et il ne s'en priverait pas, du moins pas envers la jeune femme. Peut-être qu'avec une autre il aurait été plus sympathique. Ou pas.

Ainsi lors de sa seconde réplique, il fit sinistrement grincer la porte avant de chuchoter à l'oreille de la damoiselle avait une voix d'outre-tombe qu'il avait apprise à faire en regardant divers films d'horreur. Comme quoi.

" Si j'avais voulu te tuer tu serais déjà morte. "

Il recula ensuite afin d'éviter un coup quelconque, un sourire ravi aux lèvres, avant de fixer quelques instants sa camarade. La voir ainsi l'amusait particulièrement, aussi prenait-il son temps pour profiter du spectacle. On ne voyait pas la fameuse Joy McCullen dans cet état tout les jours malheureusement et il souhaitait imprimer cette image en lui.

" Bonsoir très chère. Je suis assez étonné de constater que tu ne t'es pas encore enfuie en hurlant mais je ferais avec. Que dirais-tu d'aller discuter dans le salon juste-là ? On dit que c'est là que l'ancien propriétaire des lieux aurait assassiné sa femme trop curieuse. "

Il sourit avant de se diriger vers ladite pièce, intérieurement hilare.

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Jeu 18 Mai - 22:38
Son cœur bondit dans sa poitrine lorsque le grincement de la porte se fit entendre et elle sursauta littéralement lorsque son camarade lui ficha la frousse, se tournant vers lui à l’instant et tentant désespérément un coup contre la source de sa peur. Inutile de préciser que les seules fois où il est possible de voir la jolie brunette dans un état où elle n’a aucun contrôle, c’est quand elle est bourrée et quand elle a peur, et Joy était clairement dans cette deuxième situation. Elle n’est pas fan du contrôle, loin de là, pour ceux qui ne la connaissent pas, mais elle aime avoir le dernier mot et autant la barmaid adore se bourrer la gueule, autant elle déteste avoir peur. Ça la prend par les tripes, comme ce fut le cas avec Caleb.

« Non mais merde, t’es con! »

Ses yeux sont grands ouverts, surpris et effrayés, et son souffle se fait rapide comme sous l’impulsion d’un stress intense. Elle qui est habiutellement coiffée et maquillée impeccablement, il serait ardu de la reconnaître uniquement avec cette description en avisant ses cheveux semi en bataille et l’absence de maquillage sur son visage. Tout l’opposé de ses habitudes quoi.
Sans compter que Caleb insinuait désormais très clairement qu’il avait espéré la voir s’enfuir en courant au lieu de monter les marches pour le rejoindre. De quoi être insultée un peu. La demoiselle suit donc son interlocuteur jusqu’au dit salon en se triturant les mains nerveusement, pas du tout ravie de se retrouver dans la pièce où l’histoire sordide présentée par le brun avait eu lieu. C’est glauque comme endroit, et pas qu’un peu.

« J’avais déjà compris que tu voulais te débarasser de moi, c’est pas la peine de le réitérer. Et continue avec tes histoires et t’auras mon cadavre à cacher. »

Joy roule des yeux, découragée par l’attitude de son ami d’enfance d’autrefois. Il faisait plus gamin que lors de leurs précédentes rencontres, et techniquement ça en rajoutait à son charme même si la belle brune refuserait toujours de l’admettre à haute voix. Que Caleb avait du charme.
Ainsi, elle prit place sur le fauteuil recouvert de poussière en ne faisant pas attention à ce qui l’entourait pour ne pas fixer mentalement des objets quelconques autour d’elle qui auraient pu en plus lui ficher la frousse.

« Alors, mis à part le fait que tu préférerais me voir morte plutôt que vivante, qu’est-ce qui a créé le besoin chez toi de me laisser derrière sans nouvelles? Ça fait dix ans que j’attends, alors excuse-moi mais je ne prendrai pas de détours. »
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Mer 24 Mai - 20:38

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Il était clair que le lieu même de cette rencontre était sordide, tout autant que l'était le petit jeu douteux de Caleb envers sa partenaire. Il cherchait à lui faire peur et cela semblait fonctionner à merveille, à sa plus grande satisfaction. Ce qu'il racontait n'en était pas pour autant fonder sans un fond de vérité : de nombreuses rumeurs rapportaient qu'il s'était produit des choses atroces dans cette maison si bien que nul n'osait encore y pénétrer à l'exception de quelques dealers ou de sans-abris. En outre, le manoir était l'un des lieux les plus craints de toute la ville et au vu de la réaction qu'avait eu Joy rien qu'à la mention d'un possible meurtre, on comprenait aisément pourquoi. Les bains de sang effraient depuis bien longtemps, les fantômes encore plus et ceux se trouvant soi-disait dans cette demeure paraissaient des plus hostiles. Ce qui dans le fond amusait juste beaucoup le jeune homme qui trouvait toutes ces histoires complètement abracadabrantesques et ridicules de surcroît.

Il sourit tout d'abord à la première réplique de la jeune femme. Clairement, il ne désirait pas avoir un cadavre sur les bras et encore moins celui de la damoiselle. C'est qu'elle avait des idées bien noires la petite, à croire que la trouille que lui avait infligé Caleb avait laissé de sacrées marques si bien qu'elle ne savait plus trop ce qu'elle disait. Quoi qu'il en fut, le jeune homme gloussa légèrement avec amusement.

" Si j'avais voulu te tuer Joy je l'aurais fais au moment où tu as monté les escaliers et que tu m'as tourné le dos. Je suppose que des gens ont déjà du utiliser cette méthode ici d'ailleurs, les lieux sont parfaits pour ça tu ne penses pas ? "

Avec un angélique sourire, le beau brun jeta un oeil dans la pièce dans laquelle il s'était rendu et souleva le coussin du vieux canapé qu'il secoua afin d'en chasser la poussière. Une fois ceci fait, il reposa ledit coussin et s'installa dessus tout en constatant que chaque partie du mobilier se trouvait recouverte d'une épaisse couche de poussière grisâtre ou de toiles d'araignée pour le moins assez étendue. Il réprima un sourire en songeant à ce qu'il était en train de faire subir à la pauvre Joy envers qui il n'avait pas tant de mauvaises intentions au final. Simplement, son comportement l'irritait bien plus qu'il ne voulait se l'admettre, aussi profitait-il de cette basse vengeance dans le seul but de pouvoir se contenter un peu de la frayeur qu'il pouvait lire sur le visage de la jeune femme. Ce n'était pas tant cruel, il lui rendait juste la monnaie de sa pièce.

Lorsqu'elle dévia sur le sujet principal qui les avait conduit ici, Caleb se rembrunit derechef. Pourquoi tant d'empressement à vouloir connaitre une vérité qui finalement n'avait rien d'original ? Une vérité simple, ridicule même qui ne valait aucunement que l'on lui porte tant d'importance et ne méritait aucun artifice. Et pourtant, chacun semblait avoir donné à ce secret médiocre une espérance étrange. Le beau brun soupira bruyamment afin de faire savoir son agacement. Savoir ce qui l'avait poussé à partir ne changerait aucunement la vie de Joy et il pensait même que cela ne lui ferait ni chaud ni froid. Elle disait lui en vouloir et pourtant, elle était venue jusqu'ici et lui avait rendu le service qu'il avait réclamé. Si elle l'avait détesté autant qu'elle le prétendait, aurait-elle accepté de faire autant, même pour connaitre la raison de son départ ? Sans doute pas.

Son regard sombre se posa sur le visage de la jeune femme face à lui. Elle paraissait déterminée et semblait s'être résignée à ne pas faire demi-tour. Evidemment. Joy avait toujours eu ce côté borné qu'il appréciait tant auparavant. Tout en levant les yeux au ciel, Caleb s'adossa plus confortablement au dossier du canapé. Elle ne lui arracherait pas si facilement les mots qu'elle paraissait tant vouloir entendre de sa bouche.

" Allons ne sois pas si pressée voyons. Après 10 ans, une heure de plus ou de moins n'y changera pas grand chose. Tu ferais mieux de t'asseoir et te mettre à l'aise. J'aimerais savoir ce que tu as fais dans ta vie depuis la dernière fois. Quitte à ce que l'on parle, autant en savoir un peu plus non ? "

Un sourire étira ses lèvres. Si elle voulait savoir, elle allait devoir se mettre sur un même pied d'égalité et lui révéler des choses. Au moins un peu. Le reste, il le découvrirait plus tard. Il fallait faire durer le plaisir après tout.

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Mer 24 Mai - 23:26
La demoiselle avait des frissons à la seule pensée de meurtres qui auraient pu avoir lieu dans cette maison. Elle n’était pas particulièrement enchantée d’être dans un endroit aussi glauque avec le jeune homme, et, pour être honnête, elle aurait largement préféré être n’importe où ailleurs pour avoir ce genre de discussion avec son ancien ami, déjà qu’elle sentait que la conversation allait être pénible, il ne fallait pas en plus qu’elle se retrouve en position de peur intense. Caleb n’aidait certainement la pauvre barmaid en lui rappelant des détails par rapport à différents aspects de meurtres qui auraient pu avoir lieu dans la même pièce où ils se tenaient alors. Ou juste à côté aussi, ça restait terrifiant en soi.

Joy l’observait déplacer le coussin pour retirer la poussière et toute trace de saleté dessus, comme pour déposer son « royal » postérieur dessus, avec une pointe d’exaspération. Le brun avait ses caprices, et il faut croire que la propreté en était un à cet instant précis malgré tout.

« S’il te plaît, trêve de planification de meurtre Caleb, c’est inutile. »

La jolie brunette croise ses jambes en observant son interlocuteur, un peu perplexe qu’il demande à connaître ce qu’elle avait fait depuis sa disparition. Non, en vrai, ce qui la consternait au plus haut point c’était d’entendre qu’il s’intéressait probablement aux événements en question alors qu’il ne semblait porter un intérêt à rien d’autre que sa personne et ses intérêts personnels. Alors qu’il daigne lui accorder un minimum de son attention lui laisse croire au pire, ainsi Joy haussa-t-elle un sourcil en l’observant et pencha la tête sur le côté, cherchant où il voulait en venir en retardant le moment où il avouerait enfin pourquoi, POURQUOI, il était parti comme un lâche. Mais l’important pour le moment était qu’il était ouvert à l’idée de partager cette information alors autant prendre son mal en patience et dialoguer calmement.

Joy prit une grande inspiration avant de répondre, un peu agacée.

« Ce que j’ai fait dans ma vie depuis? C’est 10 ans, Caleb, tu veux savoir quoi exactement? Il s’en est passé des choses depuis… »

La jeune femme énumère mentalement toutes les activités qu’elle a pu faire depuis le départ du brun et rit même intérieurement face à certaines aventures qu’elle a eues entre temps. Et tout ça parce que le jeune homme l’avait quittée sans un mot.

« Tu veux un étalage de tous ceux avec qui j’ai couché? Te faire confirmer que malgré mes études, j’ai choisi d’être barmaid? Une liste de petits amis? J’pense que c’est le seul truc que je ne pourrai jamais te fournir, il n’y en a jamais eu. »
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Lun 12 Juin - 18:42

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Joy était malade de se retrouver dans un lieu comme celui-ci et Caleb était très fier de lui et de l'effet que le manoir avait sur sa camarade. Il ne s'agissait pas uniquement du fait qu'il s'amusait de sa terreur mais qu'en plus, il ressentait un sentiment de supériorité dont il avait toujours eu besoin pour se sentir à son aise. Il avait toujours été au-dessus des autres, dans n'importe quel domaine et il considérait les relations humaines nuisibles à son propre développement puisque rien de bon n'en était ressorti au fil de ses années d'existences. Sauf Joy, qui avait été un court rayon de soleil dans les nimbes de ses tourments; et son patron et ami qui l'avait sorti de la galère et lui avait permis de se refaire et de sortir du mauvais engrenage dans lequel il aurait pu finir. Il n'aurait pas pu avoir d'appart sans boulot et sans motivation et seul ces deux paramètres lui permettaient d'être encore en vie aujourd'hui. Autrement, il serait sans doute mort de fin dans la rue comme une charogne dont on ne se préoccupe pas.

L'exclamation de Joy le fit vaguement sortir de ses rêveries et il sourit légèrement. Il ne planifiait pas sa mort, pour être honnête elle devait bien une des seules personnes dont la vie importait un temps soi peu au jeune homme même s'il préférait penser le contraire. Depuis bien longtemps, il y avait quelque chose chez la brune qui agissait sur lui comme un aimant et s'il ne savait pas très bien de quoi il s'agissait, il refusait de s'y soumettre et préférait plutôt se faire haïr. Peut-être que sa répugnance à dévoiler les véritables raisons partait de là. Il ne voulait pas qu'on le prenne en pitié, il ne cherchait pas la pitié des gens et encore moins à ce que l'on le pardonne. Plus Joy continuait de le détester et moins il avait de remord quand à son comportement et c'était ce qu'il voulait. Se remettre en question ne faisait pas parti de ses plans et risquait de bousculer le peu de stabilité qu'il avait acquis et rien ni personne ne viendrait interférer avec cela. Même Joy.

A l'évocation des dix ans qui les avait séparé, il rit légèrement. Dix ans pour finir ainsi, c'était tout de même minable à bien y regarder. Enfin, les choses étaient ainsi faites.

" S'il s'est passé des choses c'est bien que tu dois avoir des choses à raconter après tout. Dix ans. Depuis le dernier Noël, je suis certain qu'il y a eu des moments marquants de ta vie. Après tout l'adolescence est le moment où on se construit. "

Et c'était vrai. Ils s'étaient construit l'un sans l'autre, sans même savoir si ils se reverraient. Quoi qu'inconsciemment, ils s'étaient construit certes sans l'autre mais avec le souvenir de l'autre et ceci devait peser bien plus lourd encore. Même si Caleb avait cherché à occulter Joy de sa mémoire, même s'il avait tenu à ne jamais la revoir, il avait pensé à elle. Quand il avait trop bu parfois, à chaque Noël, à la date de son anniversaire. Elle avait laissé une trace indélébile depuis son enfance et elle se trouvait maintenant en face de lui. Restait à voir si cette conversation permettrait à Caleb d'effacer définitivement la jeune femme de sa vie ou si au contraire il allait devoir à présent composer avec sa présence bien plus troublante qu'elle ne devrait l'être.

" Oh je doute que cela m'intéresse ou même que tu veuilles te vanter de tes coucheries. En revanche, pourquoi avoir choisi cette voie plutôt que de suivre les projets de tes parents sur le plan professionnel ? D'ailleurs, comment vont-ils ? "

Il avait occulté le passage sur les petits amis. Il le savait déjà de toute manière et il ne lui apporterait rien de revenir sur ce domaine. Sauf si Joy s'intéressait à ses histoires à lui ce qui risquait d'être fort intéressant.

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Mar 13 Juin - 21:07
Effectivement, en 10 ans il y avait plusieurs événements dignes de mentions qui auraient pu intéresser Caleb. Surtout que la dernière fois qu’il avait vu Joy à 13 ans, elle était à peine forgée bien que déjà ambitieuse et transpirant la joie de vivre. Elle n’admettra d’ailleurs jamais à Caleb que son absence avait eu un rôle majeur dans son développement personnel, question, à l’heure actuelle, de minimiser le sentiment de supériorité qu’il devait certainement ressentir à l’égard de la brunette en ces lieux. Le fantôme du jeune homme avait été présent jusqu’à tout récemment dans les pensées de Joy, bien que pas toujours dans l’optique favorable de leur amitié d’autrefois. Trop souvent, la jeune barmaid avait espéré revoir le brun revenir pour Noël, prétextant qu’il avait simplement eu un empêchement les années auparavant. Trop souvent, elle a été déçue.

Toutefois, mis à part les événements liés à la disparition de Caleb, peu valaient actuellement la peine d’être évoqués. Joy a surtout eu bien du mal à s’ouvrir aux autres après avoir perdu son seul confident, et ce sentiment de trahison n’a absolument pas aidé la demoiselle à se faire une vie sociale florissante. Dans les faits, ses proches ne se rendaient toujours pas compte que leur relation avec la jolie brune n’était que façade et que cette dernière ne comptait pas s’ouvrir en parfaite franchise à quiconque, pas même à ses parents. Elle ne voulait plus jamais souffrir de s’attacher à quelqu’un, aussi voyait-elle la plupart des gens comme des personnes agréables à fréquenter, sans plus. Elle écoutera leurs secrets, ne les révélera point, mais ne se confiera jamais en retour ou jamais complètement. Par peur de se faire trahir à nouveau.
Les paroles de son ancien ami d’enfance la tirent de sa rêverie et, sachant qu’elle ne pourrait pas s’em tirer sans quelques confidences, avoua après une longue inspiration.

« Soit. J’ai rejoint les cheerleaders. On m’a donné le défi d’en devenir la capitaine, alors je te laisse deviner la suite. J’ai longtemps été populaire, convoitée d’après certaines et jalousée selon d’autres. 5 ans après ton départ, Papi McCullen est décédé. Le jour de Noël. Mamie l’a suivi deux mois après, morte dans son sommeil. »

Joy ferme les yeux, retenant ses émotions face aux douloureux souvenirs qui refaisaient surface, puis poursuit, sans plus regarder son interlocuteur.

« Je n’ai pas toujours eu de bonnes fréquentations, je faisais souvent la fête au grand damn de mes parents, mais j’avais besoin d’un échappatoire. J’ai poursuivi mes études par contre, j’ai eu mon diplôme en droit avec mention d’excellence mais je n’ai pas voulu suivre cette voie par après. Je voulais vivre de nuit, m’amuser, sortir des rangs. Mes parents le prennent plutôt bien, ils savent qu’au moins je peux me trouver un boulot en droit par après si je change d’avis. Et ils vont bien, même si tu leur manque beaucoup. Ils ne le disent pas, mais ça se ressent. »

Elle retient qu’à elle aussi, il lui a manqué.
La barmaid reporte son attention sur Caleb, un peu curieuse de voir ce que lui avait vécu pendant ce temps. Il était plus vieux qu’elle, et sa situation familiale était compliquée avant son départ, alors il devait sûrement en avoir plus bavé qu’elle. Et quoiqu’elle en dise, la brune tenait encore beaucoup au jeune homme malgré sa rancune.

« Et toi, t’as fait quoi toutes ces années? T’as rencontré une fille et t’as plus voulu la quitter? »

La jalousie perçait un peu dans sa voix. Joy avait toujours cru, alors qu’elle était enfant, qu’elle et Caleb seraient un jour plus que des amis. Qu’ils étaient sensés terminer ensemble quoi. Mais tout a changé par après, et à l’idée qu’il ait pu la remplacer, la demoiselle se sentait bouillir de l’intérieur. Et pas qu’un peu.
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Sam 15 Juil - 22:09

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Un sourire cynique prit place sur ses lèvres tandis que ses yeux se tournaient vers la cheminée poussiéreuse de la vieille bâtisse dans laquelle ils se trouvaient.Il n'avait jamais apprécié parler de la mort en elle-même mais ne lui prêtait pas non plus grande importance. Chacun était voué à mourir un jour et rien ne pourrait empêcher cette finalité. Les grand-parents de Joy avaient bien vécu de ce qu'il en savait alors il n'y avait pas de regret à avoir quant à leur décès, même si une part de lui aurait voulu être présente pour ce moment sans doute bouleversant pour la jeune femme. Mais il n'aurait peut-être pas su être réconfortant, lui qui ne savait même pas si sa mère était encore de ce monde et se fichait pas mal de savoir si oui ou non on l'avait enterré ou si on l'avait laissé crever à même le sol. Lui n'aurait sans doute même pas daigner lui offrir le moindre honneur funéraire. Ses parents ne méritaient rien et il ne leur devait rien.

Quant au fait que Joy ai été cheerleader, il le savait déjà mais préféra jouer la surprise ou tout du moins l'amusement face à cette nouvelle. Elle avait été capitaine et les cheerleader avait toujours été courtisé comme détesté de milles et unes façons, donnant naissance à plusieurs drames tels que les ruptures, les trahisons entre amies ... Le succès avait un revers bien moins reluisant que ce à quoi on pouvait s'attendre si on ne savait prendre ses dispositions. Il hocha donc doucement la tête, préférant l'écouter plutôt que de la couper dans son élan et désirant qu'elle s'ouvre encore à lui comme elle le faisait si bien autrefois, lui confiant le pire comme le meilleur sans jamais douter qu'il conserverait chacun de ses secrets bien au chaud. Et même si Joy pouvait reprocher bien des choses à Caleb, il avait tenu son engagement en ne révélant jamais rien de tout ce qu'elle lui avait confier. Plusieurs fois, il s'était même dénoncé à sa place lorsqu'ils étaient enfants et avait puni en conséquence. Aujourd'hui, chacun des secrets de la brunette même les plus anciens étaient encore enfermés chez Caleb qui ne comptait en révéler aucun. Ils en avaient fait le serment, il y avait bien longtemps.

Joy continua de narrer ce qui s'était passé durant ces dix dernières années mais elle resta très en surface, ne s'attardant pas dans des détails que le jeune homme aurait aimé connaitre. Mais il les connaîtrait sans doute bien assez tôt. Si la damoiselle revenait dans sa vie, alors il comptait bien mettre à profit le temps qu'ils passeraient ensemble pour en apprendre davantage sur les passages de sa vie qu'il ne connaissait pas encore, même s'il s'était renseigné durant tout ce temps sur les activités qu'entretenaient la brune ainsi que sur ses fréquentations. On était jamais trop prudent. Quoi qu'il en fut, il eut une petite moue dubitative lorsqu'elle lui annonça qu'il manquait aux McCullen. Il s'était toujours bien entendu avec eux, il avait toujours été poli et gentil et il aidait même à mettre la table ou ce genre de trucs. Mais il n'avait songé au fait qu'il pouvait leur manquer, même s'ils avaient à ses yeux le rôle de parents adoptifs ou parents de substitution. Mais il n'avouerait sans doute jamais que les McCullen lui avaient manqué un long moment lorsqu'il était parti. Plusieurs fois même, il avait hésité à revenir pour des Noël, sans prévenir. Mais il ne l'avait pas fait.

" Tes parents ont toujours été des gens qui j'appréciais, si tu les as au téléphone tu pourras leur dire que je les remercie pour ce qu'ils ont fait pour moi. Lâcha-t-il finalement avec sincérité. Même si je leur ai envoyé des lettres. Que je leur ai demandé de ne pas te montrer et qu'ils ont brûlé.
C'était une promesse entre eux et moi... "


Il avait envoyé quelques lettres au McCullen mais il leur avait demandé en retour de ne rien dire à Joy et de ne pas chercher à le contacter non plus. Même si cela faisait bien deux ans qu'il n'avait pas envoyé de lettres, il avait toutefois fait cet effort auparavant. Parfois il s'écoulait un an, avant qu'il n'envoie un nouveau courrier, mais il le faisait comme pour tenir informer cette famille qui l'avait accueilli et qu'il avait du abandonner. Même si tout ceci avait un arrière-goût amer, Caleb ne regrettait pas ses choix et assumait la vie qu'il menait aujourd'hui.

La question que posa Joy ensuite le fit doucement sourire et il se rapprocha d'elle. Un sourire presque entièrement sincère, comme lorsqu'ils étaient enfants, vient fleurir au coin de ses lèvres et il ébouriffa un peu la crinière brune de la jeune femme avant de retourner se laisser tomber dans son fauteuil. Comme si lui avait pu se caser avec une fille depuis toutes ces années.

" Ouais, on avait acheté un appart ensemble et on était fiancé. Il avait un air sérieux et il le garda plusieurs minutes avant de rire de cette sottise. Tu veux vraiment savoir pourquoi je suis parti je suppose ? Soit, je vais te raconter. Après tout je ne vais pas pouvoir garder ce secret pour moi tout seul. "

Le jeune homme se cala un peu plus confortablement et prit une légère inspiration. Ce qu'il allait raconter n'allait peut-être même pas apaiser Joy mais si elle tenait tant à savoir, qu'elle sache.

" Mon père est mort au mois de mai de l'année de mes 14 ans. Je ne suis pas allé à son enterrement. Ma mère a décidé de me couper les vivres et j'ai couper également tout contact avec elle; je ne saurais même pas te dire si elle est vivante ou morte aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, je n'avais plus un rond mais j'ai pu terminer mes études avec les bourses accordées aux étudiants. Une fois que j'ai eu fini mes études, je me suis retrouvé à la rue : j'avais fini mes études et je me suis retrouvé sans logement. J'ai pris le premier boulot qui passait pour avoir de quoi me nourrir et boire,
de quoi survivre en gros et je me suis retrouvé dans le bar de Jordan. J'ai dormi un temps dehors puisque je n'avais pas de quoi me payer un loyer et c'est finalement Jordan qui m'a proposé d'habiter avec lui le temps d'avoir suffisamment d'argent pour vivre seul. Comme il voyait que mon salaire de serveur serait pas suffisant, il m'a proposé de devenir danseur. Et à partir de là j'ai enfin pu commencer à vivre. Je me suis payé un appart, je vis très bien tout seul. Peut-être que ça n'a l'air de rien pour toi parce que je rentre pas dans les détails mais cette partie-là de ma vie, j'aurai aimé ne jamais la connaitre. Je n'ai repris contacte ni avec toi ni avec ta famille parce que j'avais honte du boulot que je faisais et de la vie minable que je menais. De toute façon j'avais pas de quoi me payer le trajet en train. Et quand tout allait mieux, ça faisait trop longtemps que j'étais parti et je préférais rester loin de votre petite vie. Et surtout de la tienne. "


Il se tut, fixa Joy un court moment puis se leva, quitta la pièce comme un courant d'air et dévala les escaliers quatre à quatre avant de se retrouver dehors. Là, il prit une puissante inspiration, mit ses mains dans ses poches et fila le plus rapidement possible afin de ne pas affronter la réaction de Joy. Il lui avait dit ce qu'elle voulait, à elle de décider de la suite des choses.

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